Verrues virales : infection par le VPH et options de traitement
févr., 17 2026
Vous avez remarqué une petite bosse rugueuse sur la main, un point dur sous le pied, ou des taches plates sur le visage ? Ce n’est peut-être pas un simple grain de beauté. Cela pourrait être une verrue virale, causée par le virus du papillome humain (VPH). Ces lésions bénignes de la peau sont bien plus courantes qu’on ne le pense : jusqu’à 24 % des enfants et 5 % des adultes en Australie en sont affectés, et les chiffres sont similaires dans d’autres régions du monde. Même si elles peuvent disparaître spontanément dans les deux ans (60 à 70 % des cas), beaucoup de personnes veulent les faire partir plus vite - pour des raisons esthétiques, de gêne, ou parce qu’elles se propagent.
Quels types de verrues causent les différents types de VPH ?
Il existe plus de 100 souches différentes de VPH, et chaque type cible une zone spécifique de la peau. Ce n’est pas un seul virus, mais une famille entière avec des comportements variés.
- Les verrues communes (verruca vulgaris) : causées par les types 1, 2 et 4. Elles apparaissent souvent sur les doigts, les mains ou les coudes. Elles sont rugueuses, grisâtres, et ressemblent à une petite tête de chou-fleur.
- Les verrues planes (verruca plana) : liées aux types 3 et 10. Elles sont plus petites, lisses, et de couleur chair ou brun clair. On les trouve surtout sur le visage, les mains ou les jambes, et elles peuvent apparaître en grappes.
- Les verrues plantaires (verruca plantaris) : provoquées par les types 1, 2, 4, 60 et 63. Elles poussent sous la plante des pieds, et sont souvent douloureuses parce qu’elles sont comprimées par le poids du corps. Elles peuvent ressembler à un cal, mais en y regardant de près, on voit souvent des points noirs (petits vaisseaux sanguins coagulés).
La bonne nouvelle ? Le VPH ne cause pas de cancer dans ces cas-là. Ce sont des infections cutanées locales, pas systémiques. La mauvaise nouvelle ? Elles sont contagieuses. Vous pouvez les attraper en marchant pieds nus dans un vestiaire, en utilisant une serviette partagée, ou même en vous grattant puis en touchant une autre zone de votre peau - c’est ce qu’on appelle l’auto-inoculation.
Les traitements disponibles : de l’over-the-counter aux procédures médicales
Plusieurs options existent, et le choix dépend de la localisation, de la taille, du nombre de verrues, et de votre tolérance à la douleur. Voici ce qui marche vraiment, selon les données cliniques les plus récentes.
Acide salicylique : le traitement le plus étudié
C’est la première ligne de traitement recommandée par l’American Academy of Dermatology. Disponible sans ordonnance sous forme de solutions, patchs ou gels (17 à 40 %), il agit en détruisant progressivement la couche de peau infectée.
Une étude de 1976 sur 1 802 patients (Bunney et al.) a montré un taux de guérison de 84 % pour les verrues plantaires après plusieurs semaines d’application quotidienne. Pour maximiser son efficacité, il faut :
- Plonger la zone dans de l’eau tiède pendant 10 minutes.
- Frotter doucement la verrue avec une pierre ponce ou un lime à ongles pour éliminer les cellules mortes.
- Appliquer l’acide salicylique directement sur la verrue, en évitant la peau saine.
- Recommencer chaque jour, pendant 6 à 12 semaines.
Il n’est pas magique, mais c’est abordable, sans danger, et efficace si on est patient.
Cryothérapie au nitrogène liquide : la méthode la plus populaire
Les dermatologues utilisent souvent le nitrogène liquide pour geler les verrues. C’est rapide, peu invasif, et se fait en cabinet.
Une revue de 2023 publiée dans le Journal of Skin Appendage Disorders a comparé 976 patients traités par cryothérapie ou acide salicylique. Résultat ? Aucune différence statistique significative après 12 semaines. Les deux méthodes réussissent à peu près aussi bien.
La technique est simple : le médecin applique le nitrogène liquide pendant 10 à 20 secondes, jusqu’à ce que la peau devienne blanche et dure. Le traitement est répété toutes les 2 à 3 semaines. Selon l’étude de Bunney, les patients guéris en 3 à 6 séances. Si vous attendez 4 semaines entre les traitements, l’efficacité chute de 75 % à 40 %.
Les effets secondaires ? Douleur pendant l’application, cloques, et parfois une pigmentation plus claire ou plus foncée après guérison. Mais les cicatrices sont rares.
Acide trichloracétique (TCA) : pour les cas résistants
L’acide trichloracétique (Tri-Chlor) est plus puissant que l’acide salicylique. Il est utilisé en cabinet, souvent après avoir éliminé la couche supérieure de la verrue avec une lime ou une pince.
Il est particulièrement utile pour les verrues sur les paumes, les plantes, ou les zones plates. L’acide provoque une coagulation des tissus, ce qui détruit les cellules infectées. La guérison prend quelques semaines.
Attention : il peut brûler la peau saine si mal appliqué. Il faut donc le laisser à un professionnel. Les effets secondaires courants : douleur, brûlure, et parfois une hyperpigmentation (taches sombres).
Imiquimod : stimuler son propre système immunitaire
C’est l’une des rares options qui agit en réveillant votre système immunitaire pour qu’il attaque le VPH. L’imiquimod est une crème appliquée 2 à 3 fois par semaine sur la verrue, pendant plusieurs semaines.
Elle est souvent utilisée quand les autres traitements ont échoué. Des photos avant/après publiées par l’AAD montrent des verrues qui disparaissent complètement après 8 à 12 semaines.
Le prix ? Plus élevé que l’acide salicylique. Les effets secondaires ? Rougeur, gonflement, démangeaisons - mais ce sont des signes que l’immunité réagit. Ce n’est pas un échec, c’est un bon indicateur.
Autres méthodes : électrochirurgie, laser, chirurgie
Ces traitements sont réservés aux cas récalcitrants.
- L’électrochirurgie : un petit électrode brûle la verrue. Rapidement efficace, mais peut laisser une cicatrice.
- Le laser à colorant pulsé (VBeam) : il cible les vaisseaux sanguins qui nourrissent la verrue. La lésion devient noire, puis tombe en 1 à 2 semaines. Coûteux, mais efficace pour les verrues profondes.
- La chirurgie : retirer la verrue à la lame. Déconseillée. Le risque de récidive est élevé parce que le virus reste dans les tissus environnants.
Pourquoi certains traitements échouent - et comment éviter les erreurs
Plusieurs erreurs courantes expliquent pourquoi les traitements ne marchent pas :
- Ne pas être régulier : l’acide salicylique ne fonctionne que si vous l’appliquez tous les jours. Une pause de 3 jours peut tout faire capoter.
- Arrêter trop tôt : même si la verrue semble partie, le virus peut encore être présent en profondeur. Continuez le traitement 1 à 2 semaines après la disparition visible.
- Ne pas protéger les autres : partagez-vous des serviettes ? Marchez-vous pieds nus à la piscine ? Le VPH se transmet facilement. Portez des chaussons, changez vos chaussettes tous les jours, et désinfectez les surfaces de bain.
- Ne pas traiter les verrues voisines : si vous avez 3 verrues, les 2 autres peuvent être invisibles. Traitez toute la zone.
La clé ? La persévérance. Aucune méthode n’est miraculeuse. Même les dermatologues le disent : très peu de traitements ont été testés dans des essais randomisés rigoureux. La plupart des recommandations reposent sur des décennies d’expérience clinique.
Quand consulter un médecin ?
Vous devriez voir un dermatologue si :
- La verrue saigne, change de couleur, ou devient douloureuse sans raison.
- Elle ne bouge pas après 12 semaines de traitement à domicile.
- Vous avez plusieurs verrues qui se propagent rapidement.
- Vous avez un système immunitaire affaibli (diabète, traitement immunosuppresseur).
- La verrue est sur le visage, les organes génitaux, ou autour des ongles - ces zones demandent des soins spécifiques.
Et surtout : ne tentez pas de la couper ou de la brûler vous-même. Cela peut entraîner une infection ou une cicatrice permanente.
Le futur du traitement des verrues
La recherche avance lentement, mais elle avance. Les scientifiques explorent :
- Des combinaisons de traitements (par exemple, acide salicylique + cryothérapie) - une étude a montré jusqu’à 78 % d’efficacité avec cette approche.
- De nouveaux agents immunomodulateurs, plus ciblés que l’imiquimod.
- Des vaccins topiques pour prévenir les récidives.
À l’avenir, on pourrait même identifier le type exact de VPH dans une verrue pour adapter le traitement. Mais pour l’instant, on reste sur les méthodes classiques : patience, régularité, et hygiène.
Les verrues virales peuvent-elles disparaître toutes seules ?
Oui, dans 60 à 70 % des cas, les verrues virales disparaissent spontanément en moins de deux ans, sans traitement. Cela dépend du système immunitaire de la personne. Mais beaucoup choisissent de traiter les verrues plus tôt pour éviter la douleur, la propagation, ou l’aspect esthétique.
L’acide salicylique fonctionne-t-il sur les verrues plantaires ?
Oui, c’est l’un des traitements les plus efficaces pour les verrues plantaires. Une étude de 1976 sur 1 802 patients a montré un taux de guérison de 84 %. L’efficacité dépend de la régularité : appliquez-le chaque jour après avoir ramolli la peau dans de l’eau tiède, puis frottez doucement avec une lime.
La cryothérapie est-elle plus efficace que l’acide salicylique ?
Selon une revue de 2023 portant sur 976 patients, il n’y a pas de différence statistique significative entre la cryothérapie et l’acide salicylique après 12 semaines. Les deux méthodes ont une efficacité similaire, autour de 70 %. Le choix dépend de la tolérance à la douleur, du coût, et de la facilité d’application.
Pourquoi certaines verrues reviennent-elles après traitement ?
Le virus du papillome humain (VPH) peut rester dans les cellules cutanées voisines, même après la disparition de la verrue visible. Si le traitement est arrêté trop tôt, ou si l’hygiène n’est pas respectée (ex. : marcher pieds nus), le virus peut se réactiver. C’est pourquoi il faut continuer le traitement 1 à 2 semaines après la disparition de la lésion.
Peut-on prévenir les verrues virales ?
Oui. Évitez de marcher pieds nus dans les lieux publics humides (piscines, vestiaires). Ne partagez pas les serviettes, les limes à ongles ou les chaussures. Lavez-vous les mains après avoir touché une verrue. Utilisez des chaussons en caoutchouc dans les douches collectives. Ces gestes simples réduisent fortement le risque de contamination.