Pneumothorax : symptômes et soins d'urgence d'un poumon effondré
janv., 31 2026
Qu’est-ce qu’un pneumothorax ?
Un pneumothorax, ou poumon effondré, se produit quand de l’air s’échappe du poumon et s’accumule dans l’espace entre le poumon et la paroi thoracique. Cette poche d’air exerce une pression qui empêche le poumon de se dilater normalement lors de la respiration. Ce n’est pas une simple gêne : c’est une urgence médicale. Sans traitement, le poumon peut se réduire de plus en plus, jusqu’à compromettre la capacité du corps à oxygéner le sang. Le pneumothorax peut survenir sans cause apparente, après un traumatisme, ou chez des personnes ayant déjà une maladie pulmonaire comme la BPCO.
Symptômes clés : ce qu’il faut reconnaître immédiatement
Les signes d’un pneumothorax sont souvent soudains et frappants. La douleur thoracique est la plus constante : elle est aiguë, comme une pointe, localisée d’un seul côté, et elle empire quand vous inspirez profondément ou toussez. Dans 92 % des cas, cette douleur irradie vers l’épaule du même côté. Ce n’est pas une douleur musculaire ou digestif : c’est une douleur respiratoire, spécifique.
La difficulté à respirer arrive dans 85 à 92 % des cas. Ce n’est pas une simple essoufflement après l’effort. Si plus de 30 % du poumon est effondré, vous aurez du mal à respirer même au repos. Si c’est moins de 15 %, vous ne sentirez la gêne que quand vous marchez vite ou montez un escalier. Dans les cas graves, vous pouvez avoir une peau bleutée, une transpiration froide, ou une sensation de suffocation.
À l’auscultation, les médecins entendent une absence de bruits respiratoires du côté affecté. C’est un signe fiable : présent dans 98,7 % des pneumothorax confirmés. Le thorax résonne anormalement quand on le tapote - on appelle ça l’hyper-résonance. Et vous ne sentirez plus la vibration normale de votre voix sur la poitrine (fremitus tactile diminué). Ces signes ne sont pas subjectifs : ils sont mesurables et utilisés dans les protocoles d’urgence.
Le pneumothorax tendu : une urgence vitale
Le pneumothorax tendu est la complication la plus dangereuse. Il se forme quand l’air continue d’entrer dans l’espace thoracique sans pouvoir en sortir. La pression augmente, pousse le cœur et les gros vaisseaux vers l’autre côté, et étouffe les deux poumons. C’est une urgence absolue : chaque minute compte.
Les signes sont clairs : un rythme cardiaque supérieur à 134 battements par minute, une pression artérielle inférieure à 90 mmHg, une saturation en oxygène en dessous de 90 % même en respirant l’air ambiant. Le déplacement de la trachée - quand elle se déplace vers l’autre côté - est un signe tardif, présent dans seulement 32 % des cas. Ne l’attendez pas. Si vous avez une douleur thoracique brutale, une respiration sifflante, et que vous vous sentez en train de vous effondrer, c’est déjà trop tard pour attendre une radiographie.
Comment diagnostique-t-on un pneumothorax en urgence ?
La radiographie thoracique reste le premier examen. Elle détecte 85 à 94 % des pneumothorax. Mais dans les cas de traumatisme où le patient est allongé, sa sensibilité chute à 40 %. C’est pourquoi les services d’urgence utilisent de plus en plus l’échographie. L’E-FAST, une échographie rapide du thorax, a une précision de 94 % pour détecter l’air. L’un des signes clés, appelé le « point du poumon », est visible quand les plis de la plèvre se déplacent à la respiration - et disparaissent s’il y a de l’air entre les couches.
Le scanner thoracique est le plus précis : il voit même 50 mL d’air. Mais il prend plus de temps, expose à des rayonnements, et n’est pas toujours disponible en urgence. En pratique, si le patient est instable, on ne fait pas de scanner. On agit d’abord. Le diagnostic est clinique : si les signes sont là et que la personne va mal, on traite avant d’imager.
Que faire en cas d’urgence ?
Si vous soupçonnez un pneumothorax tendu - douleur intense, respiration difficile, pression basse, peau pâle ou bleue - vous avez deux minutes pour agir. La décompression par aiguille est la première intervention. On introduit une aiguille de 14 ou 16G dans la 2e ou 3e espace intercostal, juste au-dessus de la côte. L’air s’échappe avec un sifflement. Cela soulage immédiatement la pression, permet au cœur de retrouver sa place, et évite l’arrêt cardiaque.
Après cela, on place un drain thoracique (tube de 28F) pour évacuer l’air en continu. C’est la norme pour les pneumothorax de plus de 2 cm sur la radiographie, ou pour toute personne ayant une saturation en oxygène inférieure à 92 %. Pour les petits pneumothorax (moins de 2 cm, sans gêne respiratoire), on peut juste surveiller avec de l’oxygène à haute dose (10 à 15 L/min). L’oxygène accélère la résorption de l’air : au lieu de 1,25 % par heure, on atteint 4,2 % par heure.
Traitements et interventions à long terme
Les petits pneumothorax spontanés disparaissent souvent d’eux-mêmes en 14 jours avec surveillance et oxygène - 82 % des cas selon les études. Pour les plus gros, l’aspiration par aiguille réussit dans 65 % des cas. Si ça ne marche pas, ou si le patient est en mauvaise santé, on passe au drain thoracique. Il a un taux de succès de 92 %, mais il peut causer des infections, des douleurs ou un œdème du poumon en se réexpansant.
Si le pneumothorax revient, ou s’il est secondaire à une maladie comme la BPCO, on pense à la chirurgie. La thoracoscopie vidéo (VATS) est la méthode la plus efficace : elle permet de retirer les bulles d’air, de réparer la plèvre, et de coller les couches ensemble. Le taux de récidive tombe à 3-5 % après cette intervention. Sans chirurgie, le risque de récidive est de 15 à 40 % dans les deux ans.
Facteurs de risque et prévention
Les hommes jeunes, minces et de grande taille (plus de 1,78 m) sont plus à risque. Mais le facteur le plus puissant, c’est le tabac. Fumer plus de 10 paquets par an augmente le risque de pneumothorax de 22 fois. Arrêter de fumer réduit ce risque de 77 % en un an. C’est la seule mesure préventive prouvée qui marche vraiment.
Les personnes ayant déjà eu un pneumothorax ne doivent pas plonger en scaphandre. Le risque de récidive pendant une plongée est de 12,3 %. Il faut aussi éviter les vols en avion pendant 2 à 3 semaines après la guérison : la pression réduite en altitude peut faire réapparaître l’air dans la poche pleurale.
Sortie de l’hôpital et suivi
Une fois guéri, un contrôle radiologique est obligatoire à 4 à 6 semaines. 8 % des patients développent des complications tardives si on ne les suit pas. Les patients qui reçoivent des instructions claires - sur les signes d’alerte, l’arrêt du tabac, les activités interdites - ont 32 % moins de retours aux urgences.
Voici les signes qui doivent vous faire appeler les secours immédiatement : une douleur thoracique qui s’aggrave soudainement, une peau bleuâtre, une respiration si courte que vous ne pouvez plus dire une phrase entière. Ce ne sont pas des symptômes à attendre. C’est une urgence. Chaque 30 minutes de retard augmentent le risque de complication de 7,2 %.
Mortalité et pronostic
Le pneumothorax spontané primaire - sans maladie pulmonaire - a un taux de mortalité de 0,16 % en 30 jours. Presque nul. Mais si vous avez une BPCO, une fibrose pulmonaire, ou une tuberculose ancienne, le risque de décès grimpe à 16,2 %. C’est 100 fois plus. Ce n’est pas une maladie banale : elle tue quand elle touche les poumons déjà fragiles.
La clé du pronostic ? Le temps. Plus vite on agit, mieux c’est. Dans les hôpitaux qui suivent les protocoles, le délai entre l’arrivée et la décompression pour un pneumothorax tendu est de 8 minutes. Pour les cas simples, c’est 22 minutes. Ce n’est pas un délai technique : c’est un délai de vie.
Un pneumothorax peut-il disparaître tout seul ?
Oui, mais seulement dans les cas légers. Si le poumon est effondré de moins de 30 % et que vous n’avez pas de difficultés respiratoires, une surveillance avec oxygène à haute dose peut suffire. Dans 82 % des cas, l’air est réabsorbé naturellement en 14 jours. Mais si vous avez mal à la poitrine, vous avez du mal à respirer, ou si vous avez une maladie pulmonaire, vous ne devez pas attendre : vous avez besoin d’un traitement actif.
Fumer augmente-t-il vraiment le risque de pneumothorax ?
Oui, et de façon dramatique. Fumer plus de 10 paquets par an augmente le risque de pneumothorax spontané de 22 fois. Le tabac endommage les alvéoles pulmonaires et crée des bulles d’air fragiles. Arrêter de fumer réduit ce risque de 77 % en un an. C’est la mesure la plus efficace pour prévenir une récidive.
Puis-je voyager en avion après un pneumothorax ?
Non, pas avant 2 à 3 semaines après la guérison confirmée par radiographie. La pression plus faible en haute altitude peut faire réapparaître l’air dans l’espace pleural, même si vous vous sentez bien. Les règles de la FAA (autorité aéronautique américaine) interdisent les vols pendant cette période. Même si vous n’avez plus de douleur, votre poumon n’est pas encore complètement cicatrisé.
Quelle est la différence entre un pneumothorax primaire et secondaire ?
Le pneumothorax primaire survient chez des personnes en bonne santé, sans maladie pulmonaire connue. Il touche souvent les jeunes hommes minces. Le pneumothorax secondaire est lié à une maladie préexistante comme la BPCO, la fibrose ou la tuberculose. Il est beaucoup plus dangereux : le taux de mortalité est 100 fois plus élevé. Le traitement est plus agressif et le suivi plus strict.
Faut-il toujours faire une chirurgie après un premier pneumothorax ?
Non. La chirurgie n’est pas recommandée après un premier épisode. Mais si vous avez une deuxième récidive du même côté, les directives européennes recommandent fortement une intervention chirurgicale. Le risque de nouvelle récidive après deux épisodes est de 62 %. La thoracoscopie vidéo réduit ce risque à 3-5 %, ce qui en fait la meilleure solution à long terme.
james hardware
février 1, 2026 AT 02:54BERTRAND RAISON
février 1, 2026 AT 16:19zana SOUZA
février 1, 2026 AT 16:42Je pense à tous ceux qui fument en disant 'je vais arrêter demain'. Demain n'existe pas. Aujourd'hui, c'est le seul moment où on peut choisir de respirer.
Jean-Michel DEBUYSER
février 2, 2026 AT 01:23Vincent S
février 2, 2026 AT 01:33Lionel Chilton
février 3, 2026 AT 16:45Et si tu fumes... arrête. Pas parce que c'est 'bien', mais parce que tu mérites de pouvoir courir sans avoir peur que ton corps t'abandonne.
💪🫁
Benoit Dutartre
février 4, 2026 AT 01:16