Pharmacie Abidjan
Pharmacie Abidjan
Pharmacie Abidjan

Effets des inhibiteurs SGLT2 : déshydratation, étourdissements et pression artérielle

Effets des inhibiteurs SGLT2 : déshydratation, étourdissements et pression artérielle janv., 27 2026

Les inhibiteurs SGLT2, aussi appelés gliflozines, sont des médicaments prescrits pour le diabète de type 2, mais leur action va bien au-delà de la simple baisse du sucre dans le sang. En bloquant la réabsorption du glucose et du sodium dans les reins, ils provoquent une diurèse osmotique : le corps élimine jusqu’à 300 grammes de sucre par jour, avec une quantité équivalente d’eau. Ce mécanisme, qui semble au premier abord un simple effet secondaire, est en réalité la clé de leurs bénéfices cardiaques et rénaux - mais aussi de leurs risques les plus courants : déshydratation, étourdissements et baisse de la pression artérielle.

Comment les inhibiteurs SGLT2 agissent-ils vraiment ?

Les inhibiteurs SGLT2 - comme l’empagliflozine (Jardiance®), le dapagliflozine (Farxiga®), le canagliflozine (Invokana®) et l’ertugliflozine (Steglatro®) - ciblent une protéine spécifique dans les reins, appelée SGLT2. Cette protéine réabsorbe environ 90 % du glucose filtré par les reins. En la bloquant, ces médicaments forcent le corps à éliminer ce glucose par l’urine. Ce n’est pas juste une façon de faire baisser la glycémie : chaque gramme de sucre évacué entraîne avec lui environ 3,4 grammes d’eau. Résultat ? Une perte quotidienne de 1 à 1,5 litre de liquide dans les premiers jours de traitement.

En même temps, la réabsorption du sodium est réduite. Cela signifie que les reins éliminent aussi plus de sel, ce qui agit comme un diurétique doux mais constant. Ce double effet - glucosurie + natriurèse - explique pourquoi ces médicaments réduisent la pression artérielle, améliorent la fonction cardiaque et protègent les reins. Mais ce même mécanisme est aussi la source des effets indésirables les plus fréquents.

La déshydratation : un risque réel, surtout chez les personnes vulnérables

La déshydratation n’est pas un effet secondaire mineur. Dans les essais cliniques, entre 1,3 % et 2,8 % des patients ont connu des événements liés à une perte de volume, comparé à moins de 1 % chez les patients sous placebo. Ces chiffres peuvent sembler faibles, mais ils se traduisent par des hospitalisations réelles. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont deux fois plus de risques. Ceux qui prennent déjà des diurétiques, des inhibiteurs de l’ACE ou des ARB - des médicaments courants pour l’hypertension - sont encore plus à risque.

Les signes sont simples : bouche sèche, urine foncée, sensation de faiblesse, vertiges en se levant. Beaucoup de patients pensent que c’est normal, qu’ils « boivent pas assez », et ne disent rien. Pourtant, dans le cadre du programme CANVAS, le canagliflozine a augmenté le risque de déshydratation de 70 % par rapport au placebo. Et ce risque augmente encore si la pression artérielle est déjà basse (systolique < 120 mmHg) ou si le patient a une insuffisance rénale modérée.

En pratique, les médecins recommandent d’éviter de commencer ces médicaments en cas de déshydratation existante, de diarrhée, de vomissements, ou pendant les fortes chaleurs. Il est aussi conseillé d’arrêter temporairement le traitement pendant une maladie aiguë - même une simple gastro-entérite - car la perte de liquide peut devenir dangereuse.

Personne âgée étourdie en se levant, avec des signes visuels de déshydratation et de pression artérielle.

Étourdissements : un effet souvent lié à la pression artérielle

Les étourdissements sont l’un des effets secondaires les plus signalés. Dans les essais, entre 3,5 % et 5,8 % des patients les ont rapportés, contre 2,5 % à 3,2 % dans les groupes placebo. Ce n’est pas une simple gêne : c’est un signe que la pression artérielle a chuté, souvent en position debout. On appelle cela une hypotension orthostatique : la pression chute de plus de 20 mmHg en se levant. Dans près de deux tiers des cas d’étourdissements liés aux gliflozines, c’est exactement ce qui se passe.

Les données montrent que les personnes âgées de plus de 75 ans ont plus de deux fois plus de risques. Les patients avec une pression artérielle basse au départ (systolique < 130 mmHg) ont aussi un risque accru. Ce n’est pas une coïncidence : les gliflozines font baisser la pression artérielle de 4 à 6 mmHg en moyenne, ce qui est bénéfique pour le cœur, mais peut provoquer des symptômes chez les personnes sensibles.

Sur les forums de patients, les témoignages sont nombreux : « J’ai commencé Jardiance et je me suis senti étourdi en me levant du lit. Mon médecin m’a dit que c’était normal pour les premières semaines. » Ou encore : « J’ai arrêté après trois semaines parce que j’étais tout le temps étourdi. » Ces récits ne sont pas anecdotiques. Ils reflètent une réalité clinique bien documentée.

La baisse de pression artérielle : un bénéfice, pas un défaut

La baisse de la pression artérielle n’est pas un effet secondaire à craindre - c’est un effet thérapeutique. Les essais EMPA-REG OUTCOME et DAPA-HF ont montré que l’empagliflozine et le dapagliflozine réduisent la pression artérielle systolique de 4 à 6 mmHg, et diastolique de 1 à 2 mmHg, en seulement deux semaines. Ce n’est pas un effet lié à la baisse du sucre : ces médicaments agissent aussi bien chez les patients non diabétiques atteints d’insuffisance cardiaque.

La réduction de la pression artérielle est bénéfique pour le cœur et les reins. Elle diminue la pression dans les glomérules rénaux de 10 à 15 %, ce qui ralentit la progression de l’insuffisance rénale. Elle réduit aussi la rigidité des artères, un facteur clé de maladies cardiovasculaires. C’est pourquoi les nouvelles recommandations européennes et américaines plaident pour l’emploi des gliflozines en première ligne pour l’insuffisance cardiaque, même sans diabète.

Le problème n’est pas la baisse de pression en soi, mais sa rapidité et son intensité chez les personnes vulnérables. Une chute brutale de 20 mmHg peut provoquer des chutes, des étourdissements, voire des accidents. C’est pourquoi le suivi est crucial.

Balance symbolisant les bénéfices et risques des inhibiteurs SGLT2, avec un médecin versant de l&#039;eau.

Comment gérer ces effets en pratique ?

Il ne s’agit pas d’éviter les inhibiteurs SGLT2, mais de les utiliser avec prudence. Voici ce que recommandent les spécialistes :

  1. Commencez à la dose la plus faible. Pour les patients âgés ou à risque, privilégiez l’empagliflozine 10 mg plutôt que 25 mg, ou le dapagliflozine 5 mg plutôt que 10 mg.
  2. Contrôlez la pression artérielle et le poids. Vérifiez la pression en position couchée et debout une semaine après le début du traitement. Pesez-vous chaque jour : une perte de 1,5 à 2,5 kg dans la première semaine est normale, mais au-delà, cela peut signaler une déshydratation excessive.
  3. Augmentez l’apport en liquide. Buvez 500 à 1 000 ml d’eau en plus par jour, surtout en été ou après un effort. Ne patientez pas jusqu’à la soif - elle diminue avec l’âge.
  4. Évitez les diurétiques en excès. Si vous prenez déjà un diurétique puissant (comme la furosémide), votre médecin peut réduire sa dose de 25 à 50 % pour éviter une déshydratation combinée.
  5. Arrêtez temporairement pendant une maladie. En cas de fièvre, diarrhée, vomissements ou jeûne prolongé, suspendez le traitement jusqu’à la reprise de l’hydratation normale.

Les études montrent que 84 % des endocrinologues vérifient la pression orthostatique à une semaine. Près de la moitié réduisent la dose chez les patients qui ont des étourdissements. Ce n’est pas un échec - c’est une adaptation.

Les bénéfices l’emportent-ils sur les risques ?

Les données sont claires : pour les patients atteints de diabète de type 2 avec maladie cardiaque ou rénale, les inhibiteurs SGLT2 réduisent le risque de décès cardiovasculaire de 14 à 18 %, et de mortalité globale de 10 à 15 %. Dans l’essai DAPA-HF, 6,1 vies sont sauvées pour 100 patients traités pendant 18 mois. Ce n’est pas négligeable.

Les étourdissements et la déshydratation sont réels, mais souvent temporaires. Dans les études, 62 % des patients qui ont eu des étourdissements les ont décrits comme légers et passagers. Ce n’est pas une raison pour arrêter sans consulter, mais ce n’est pas non plus une contre-indication absolue.

La clé est la vigilance. Un patient bien informé, bien suivi, et bien hydraté peut profiter des bénéfices de ces médicaments sans subir leurs effets indésirables. Ce n’est pas un traitement pour tout le monde - mais pour beaucoup, c’est un changement de vie.

Les inhibiteurs SGLT2 peuvent-ils causer une déshydratation grave ?

Oui, dans certains cas. La déshydratation est un effet connu, surtout chez les personnes âgées, celles avec une insuffisance rénale, ou celles qui prennent d’autres diurétiques. Les risques sont plus élevés pendant les maladies aiguës, la chaleur ou l’exercice intense. Les signes sont la bouche sèche, l’urine foncée, les étourdissements en se levant, et une perte de poids rapide. Si ces signes apparaissent, il faut consulter et parfois arrêter temporairement le médicament.

Pourquoi les étourdissements surviennent-ils souvent au début du traitement ?

Les étourdissements surviennent généralement dans les 4 premières semaines parce que c’est à ce moment que la perte de liquide et de sodium est la plus importante. Le corps perd jusqu’à 1,5 litre d’eau en une semaine, ce qui fait chuter la pression artérielle. La plupart des patients s’adaptent au bout de quelques semaines, mais ceux qui ont une pression déjà basse ou qui sont âgés ont plus de difficultés. C’est pourquoi un suivi à 7-10 jours est recommandé.

Faut-il arrêter les inhibiteurs SGLT2 si on a des étourdissements ?

Pas forcément. Les étourdissements sont souvent temporaires et peuvent être gérés sans arrêter le traitement. La première étape est de vérifier la pression artérielle en position couchée et debout. Si elle est trop basse, le médecin peut réduire la dose du gliflozine ou ajuster les autres médicaments (comme les diurétiques). Dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent avec une hydratation adéquate et une adaptation posologique.

Les inhibiteurs SGLT2 font-ils baisser la pression artérielle chez les personnes sans diabète ?

Oui. Les essais comme DAPA-HF et EMPEROR-Reduced ont montré que ces médicaments réduisent la pression artérielle et améliorent la survie chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque, même s’ils n’ont pas de diabète. Leur action sur les reins et les vaisseaux sanguins est indépendante de la glycémie. C’est pourquoi les nouvelles recommandations les recommandent en première ligne pour l’insuffisance cardiaque, quel que soit le statut diabétique.

Est-ce que les versions génériques ont les mêmes effets que les marques ?

Oui. Les versions génériques d’empagliflozine, de dapagliflozine et de canagliflozine, disponibles depuis 2023 en Europe, contiennent le même principe actif aux mêmes doses. Elles ont les mêmes effets thérapeutiques et les mêmes effets secondaires. La seule différence est le prix, beaucoup plus bas. Le choix entre marque et générique ne change rien à la gestion des effets comme la déshydratation ou les étourdissements.

Étiquettes: inhibiteurs SGLT2 déshydratation étourdissements pression artérielle diabète de type 2

Rechercher

Catégories

  • Santé (132)
  • Nutrition & Compléments (5)
  • Santé & Bien-être (4)
  • Santé et Bien-être (3)

Étiquettes

alternatives effets secondaires pharmacie en ligne médicaments génériques FDA comparaison bien-être santé sécurité des médicaments médicaments stress hypertension compléments alimentaires sommeil dépression antidépresseurs biosimilaires génériques sécurité médicament pharmacovigilance

Menu

  • À propos
  • Conditions d’utilisation
  • Politique de Confidentialité
  • Protection des données
  • Contact

© 2026. Tous droits réservés.