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Canagliflozine et risque d'amputation : ce que disent les preuves actuelles et comment se protéger

Canagliflozine et risque d'amputation : ce que disent les preuves actuelles et comment se protéger janv., 21 2026

Si vous prenez canagliflozine pour votre diabète de type 2, vous avez peut-être entendu parler d’un risque d’amputation. Ce n’est pas une rumeur. C’est une alerte fondée sur des données cliniques solides, même si les choses ont évolué depuis 2017. Le message n’est pas de cesser le traitement, mais de le faire avec les yeux ouverts. La question n’est pas « Est-ce dangereux ? » mais « Pour qui ? Et comment minimiser le risque ? »

Qu’est-ce qui a déclenché cette alerte ?

En 2017, les résultats du programme CANVAS ont fait trembler la communauté médicale. Ces deux grandes études, menées sur plus de 10 000 patients diabétiques, ont montré que ceux qui prenaient du canagliflozine avaient presque deux fois plus de risques d’être amputés d’un orteil ou d’une partie du pied que ceux qui prenaient un placebo. Le chiffre : 5,5 amputations pour 1 000 patients par an avec la dose la plus forte, contre 2,8 avec le placebo. Ce n’est pas une petite différence. C’est un signal fort.

La FDA a réagi rapidement. Elle a imposé une mise en garde en boîte noire - le niveau d’avertissement le plus élevé. Pendant deux ans, les médecins ont été obligés de mentionner ce risque à chaque ordonnance. Puis, en 2020, l’avertissement a été retiré. Pourquoi ? Parce que les données ont été réexaminées. L’étude CREDENCE, qui portait sur les patients atteints de maladie rénale diabétique, a montré des bénéfices clairs sur les reins et le cœur. Pour beaucoup, les avantages l’emportaient encore sur le risque… à condition de bien le gérer.

Le risque est-il le même pour tous les médicaments de la même famille ?

Non. Et c’est crucial. Le risque d’amputation ne touche pas tous les inhibiteurs SGLT2 de la même manière. Le canagliflozine semble être l’exception, pas la règle.

Des études comme EMPA-REG OUTCOME avec l’empagliflozine et DECLARE-TIMI 58 avec le dapagliflozine n’ont montré aucun lien avec une augmentation des amputations. Une méta-analyse de 2023 a confirmé : parmi tous les inhibiteurs SGLT2, seul le canagliflozine présente un risque statistiquement significatif d’amputation. Les autres, eux, n’en ont pas - ou même montrent un léger effet protecteur.

La différence vient peut-être de la façon dont le canagliflozine agit sur le corps. Il réduit plus fortement la pression artérielle et le poids que les autres médicaments de sa classe. Chez les patients déjà fragiles - ceux qui ont une mauvaise circulation dans les jambes - cette baisse peut être trop brutale. Cela peut aggraver les plaies, ralentir la cicatrisation, et rendre les infections plus graves.

Qui est vraiment à risque ?

La majorité des amputations rapportées dans les études étaient mineures : un orteil, un métatarse. Seulement 20 % étaient des amputations au-dessus de la cheville. Mais ce sont ces chiffres qui inquiètent : 80 % des cas concernaient des patients qui avaient déjà des problèmes de pieds avant même de commencer le traitement.

Les vrais risques ne sont pas pour tout le monde. Ils sont concentrés chez :

  • Les patients avec une maladie artérielle périphérique (MAP) - soit 20 à 30 % des diabétiques
  • Ceux qui ont une neuropathie diabétique (perte de sensibilité aux pieds) - près de la moitié des patients
  • Ceux qui ont déjà eu un ulcère ou une amputation auparavant - le risque de récidive est de 40 % en un an
  • Les fumeurs - le tabac détruit les petits vaisseaux sanguins
  • Ceux qui n’ont pas de pouls aux pieds - un signe clair de mauvaise circulation

Si vous avez deux de ces facteurs, les recommandations cliniques de l’Université du Michigan et de l’American Diabetes Association sont claires : évitez le canagliflozine. Optez pour un autre inhibiteur SGLT2, comme l’empagliflozine ou le dapagliflozine, qui n’ont pas ce même risque.

Médecin mesure l'indice cheville-bras ; à droite, le patient prend un autre médicament sûr avec un cœur et un rein lumineux.

Que faut-il surveiller au quotidien ?

Le risque n’est pas une bombe à retardement. Il se développe lentement. Et il est souvent évitable.

Les médecins doivent examiner vos pieds à chaque consultation. Mais vous aussi, vous devez faire votre part. Voici ce que vous devez faire chaque jour :

  • Regardez vos pieds - surtout entre les orteils. Cherchez des rougeurs, des cloques, des plaies, des croûtes.
  • Ne marchez pas pieds nus, même à la maison. Une simple égratignure peut devenir une infection.
  • Portez des chaussures bien adaptées. Même une petite pierre dans votre chaussure peut causer des dégâts si vous ne sentez rien.
  • Ne vous coupez pas les ongles trop courts. Les ongles incarnés sont une source fréquente d’infections.
  • Si vous sentez une douleur nouvelle, même légère, ou si votre peau change de couleur, contactez votre médecin immédiatement. Ne laissez pas passer.

Les patients qui suivent ces règles ont un risque d’amputation quasi nul. Ce n’est pas une question de médicament. C’est une question de vigilance.

Les données réelles : que disent les patients ?

Les chiffres des essais sont importants, mais les expériences réelles le sont aussi.

Sur le forum PatientsLikeMe, près de 7 % des patients prenant du canagliflozine ont signalé des problèmes de pieds. Dix-sept d’entre eux ont mentionné une amputation ou une peur d’en subir une. Un utilisateur a écrit : « Après 18 mois, j’ai perdu un orteil. Mon endocrinologue m’a aussitôt changé de traitement. »

Mais d’autres disent le contraire. Un autre patient, sur Reddit, a écrit : « Trois ans sur Invokana, aucun problème de pied. Mon HbA1c est descendu de 8,5 % à 6,2 %. »

Les données de la FDA montrent qu’il y a eu 1 892 signalements d’amputation pour 4,2 millions de prescriptions de canagliflozine. Soit 0,045 %. Pour l’empagliflozine, c’est 0,0026 %. C’est 17 fois plus. Mais ce n’est pas une fatalité. C’est un risque qui peut être réduit à presque zéro avec une bonne prise en charge.

Patient inspecte son pied la nuit, guidé par des créatures folkloriques qui signalent une plaie cachée entre les orteils.

Que faire aujourd’hui ?

Le canagliflozine n’est pas interdit. Il n’est même pas déconseillé pour tout le monde. Il est toujours dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS. Il aide à protéger les reins, à faire perdre du poids, et à réduire les risques cardiaques.

La clé, c’est la sélection. Si vous n’avez aucun facteur de risque pour vos pieds - pas de neuropathie, pas de mauvaise circulation, pas de cicatrices passées - alors le canagliflozine peut encore être une bonne option. Mais si vous avez même un seul facteur de risque, demandez à votre médecin si un autre inhibiteur SGLT2 ne serait pas plus sûr.

Depuis 2024, les guides de médication pour tous les inhibiteurs SGLT2 incluent désormais des conseils clairs sur la surveillance des pieds. Et les médecins sont maintenant tenus de faire un test simple : l’indice cheville-bras. Si ce chiffre est inférieur à 0,9, c’est un signal d’alarme. Le canagliflozine est alors contre-indiqué.

Une nouvelle formulation, INVOKANA XR, est en cours d’essai. Elle libère le médicament plus doucement. Peut-être qu’elle réduira le risque. Mais en attendant, la solution n’est pas dans une nouvelle pilule. C’est dans une bonne inspection des pieds, une bonne communication avec votre médecin, et une vigilance quotidienne.

Les nouveaux repères de 2025

Les recommandations de l’American Diabetes Association pour 2025 sont claires : avant de prescrire du canagliflozine à un patient diabétique avec un facteur de risque cardiovasculaire, il faut mesurer l’indice cheville-bras. Pas une fois. Pas seulement si vous avez des doutes. Systématiquement.

Et si vous avez déjà pris ce médicament ? Continuez à vérifier vos pieds. Pas une fois par an. Pas une fois par trimestre. Chaque jour. C’est la seule barrière contre l’amputation.

Le canagliflozine n’est pas un ennemi. Mais il est un médicament qui exige du respect. Il ne faut pas le craindre. Il faut le comprendre. Et le surveiller.

Le canagliflozine est-il encore prescrit aujourd’hui ?

Oui, mais avec des conditions. En 2023, il représentait encore 22 % des prescriptions d’inhibiteurs SGLT2 aux États-Unis, contre 35 % en 2017. Les médecins ne l’ont pas abandonné, mais ils le réservent aux patients sans facteurs de risque pour les pieds. Il reste utile pour protéger les reins et le cœur, à condition de bien le cibler.

Puis-je arrêter le canagliflozine tout seul si j’ai peur ?

Non. Arrêter ce médicament sans avis médical peut faire monter votre glycémie très vite, ce qui est dangereux. Si vous avez des inquiétudes, parlez-en à votre médecin. Il peut vous proposer un autre inhibiteur SGLT2, comme l’empagliflozine, qui n’a pas ce risque d’amputation. Le changement se fait progressivement et sous surveillance.

Les autres médicaments contre le diabète ont-ils le même risque ?

Non. Les autres classes de médicaments - metformine, GLP-1, DPP-4 - n’ont pas été liées à un risque accru d’amputation. Seul le canagliflozine, parmi les inhibiteurs SGLT2, présente ce signal. Les autres SGLT2, comme l’empagliflozine et le dapagliflozine, n’ont pas ce risque dans les grandes études.

Comment savoir si j’ai une maladie artérielle périphérique ?

Votre médecin peut le détecter facilement. Il vérifie les pouls de vos pieds et fait un test simple : l’indice cheville-bras. C’est une mesure de pression artérielle comparée entre la cheville et le bras. Si le chiffre est inférieur à 0,9, cela signifie que le sang ne circule pas bien dans vos jambes. Ce test prend moins de 5 minutes et est recommandé avant toute prescription de canagliflozine.

Quels sont les signes d’un ulcère en développement ?

Un ulcère peut commencer par une simple rougeur, une zone plus chaude que le reste du pied, une peau sèche ou fissurée, ou une douleur légère qui persiste. Si vous avez une neuropathie, vous ne ressentirez peut-être pas la douleur. C’est pourquoi la vue est essentielle : regardez vos pieds chaque jour. Une plaie qui ne guérit pas en 48 heures, même minuscule, doit être évaluée par un professionnel.

Étiquettes: canagliflozine risque d'amputation SGLT2 diabète de type 2 INVOKANA

7 Commentaires

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    Alexandre Masy

    janvier 22, 2026 AT 00:12

    Le canagliflozine est un médicament qui nécessite une évaluation rigoureuse avant prescription. Les données de l’EMA et de la FDA sont claires : le risque d’amputation est réel, même s’il est faible en pourcentage absolu. Ce n’est pas une question de peur, mais de responsabilité clinique. Les médecins doivent systématiquement mesurer l’indice cheville-bras, point final. Aucune exception.

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    Marie Jessop

    janvier 22, 2026 AT 12:06

    En France, on a toujours eu tendance à surmédicaliser les choses. On se met à craindre un médicament parce qu’un chiffre sur 1 000 a mal tourné. Et pourtant, les patients qui ont un bon contrôle glycémique et qui prennent soin de leurs pieds n’ont aucun problème. Arrêtez de faire peur pour rien.

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    jean-baptiste Latour

    janvier 23, 2026 AT 13:34

    Je prends du canagliflozine depuis 4 ans. Mon HbA1c est à 5,9, j’ai perdu 18 kg, et mes pieds ? Des pieds de bébé. 😎 Si vous avez peur, changez de médicament. Mais ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain. Ce médicament sauve des reins, des cœurs, et des vies. Et oui, regardez vos pieds. C’est pas compliqué. 🤷‍♂️

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    Mats Schoumakers

    janvier 25, 2026 AT 06:37

    Vous parlez de risque, mais vous omettez que les patients qui développent des amputations sont souvent ceux qui ignorent les conseils de base : pas de contrôle glycémique, pas d’examens pieds, et surtout, ils continuent à fumer. Le médicament n’est pas le coupable, c’est la négligence systémique. On ne peut pas protéger les gens contre leur propre inconscience. Le canagliflozine est un outil, pas un bouc émissaire.

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    Xavier Lasso

    janvier 25, 2026 AT 23:22

    Si vous avez un diabète, vos pieds sont votre priorité n°1. Pas la glycémie. Pas le poids. Les pieds. Chaque jour. Regardez-les. Nettoyez-les. Chaussures adaptées. Pas de chaussettes trouées. Pas de pieds nus. Si vous faites ça, vous réduisez votre risque d’amputation à presque zéro, peu importe le médicament. C’est la vraie médecine : la prévention quotidienne. Vous avez le pouvoir. Utilisez-le.

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    Tim Dela Ruelle

    janvier 26, 2026 AT 07:51

    Correction : l’étude CREDENCE n’a pas « montré des bénéfices clairs sur les reins » - elle a montré une réduction significative de l’incidence d’insuffisance rénale terminale et de la mortalité cardiovasculaire. Et le risque d’amputation n’a pas été « retiré » en 2020 : il a été réévalué et placé dans une catégorie d’avertissement moins stricte, mais toujours présent. Votre rédaction est approximative. La précision médicale n’est pas un luxe.

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    Fleur D'Sylva

    janvier 27, 2026 AT 13:36

    Il y a une forme de violence dans la manière dont on parle des risques des médicaments. On réduit les patients à des chiffres, à des facteurs de risque. Mais derrière chaque prescription, il y a une personne qui essaie de vivre. Le canagliflozine n’est ni un ennemi ni un sauveur. Il est un outil. Ce qui compte, c’est la relation de confiance entre le patient et son médecin. Pas la peur. Pas la pression. La confiance.

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