Achats en gros et mise en adjudication : comment les assureurs réduisent les coûts des génériques
déc., 16 2025
Les médicaments génériques représentent plus de 90 % des prescriptions remplies aux États-Unis, mais ne consomment que 17 % du budget total des soins pharmaceutiques. Comment est-ce possible ? La réponse réside dans une stratégie simple mais puissante : les achats en gros et les appels d’offres compétitifs. Les assureurs, les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBMs) et les systèmes de santé utilisent cette méthode pour faire chuter les prix des génériques - parfois jusqu’à 90 % - en exploitant la concurrence entre fabricants.
Comment fonctionne l’adjudication pour les génériques ?
L’adjudication, c’est l’équivalent d’une enchère à grande échelle. Un assureur ou un PBM identifie un médicament générique très utilisé - par exemple, le lisinopril pour la pression artérielle - et invite plusieurs fabricants à soumettre une offre pour le fournir à un volume élevé sur une période de un à trois ans. Le gagnant est celui qui propose le prix le plus bas, à condition de garantir une livraison constante. Ce système fonctionne parce que les coûts de production des génériques sont faibles après la première mise sur le marché. Une fois le brevet expiré, plusieurs entreprises peuvent produire le même produit. La concurrence fait tomber les prix.
En 2022, la première mise sur le marché d’un seul générique - comme le lacosamide ou le bortézomib - a généré plus d’un milliard de dollars d’économies en douze mois. Ce n’est pas une exception. Selon l’Agence américaine des médicaments (FDA), les premiers génériques représentent plus de 25 % des économies totales, même s’ils ne constituent qu’une petite fraction des approvals annuels.
Les pièges du système traditionnel
Pourtant, tout n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Les grands PBMs - OptumRx, Caremark, Express Scripts - contrôlent près de 280 millions d’Américains. Leur modèle repose souvent sur un système appelé « spread pricing » : ils négocient un prix avec les pharmacies, puis facturent l’assureur un prix plus élevé, gardant la différence comme bénéfice. Ce système pousse à privilégier les génériques plus chers, même s’ils sont cliniquement identiques à des versions moins coûteuses.
Une étude publiée dans JAMA Network Open en 2022 a révélé que certains génériques coûtaient jusqu’à dix fois plus que d’autres équivalents. Pourquoi ? Parce que les assureurs ne savent pas quels génériques sont réellement les moins chers. Les listes de coûts maximaux autorisés (MAC) sont souvent cachées. Les assureurs paient donc plus que nécessaire - sans même le savoir.
Les alternatives transparentes qui marchent
Des entreprises comme Cost Plus Drug Company ou Blueberry Pharmacy ont réinventé le modèle. Elles éliminent les intermédiaires. Elles achètent directement auprès des fabricants, ajoutent une marge fixe (par exemple 15 %) et vendent au même prix à tout le monde, avec ou sans assurance. Résultat ? Un patient paie 4,99 $ pour un générique que son assurance lui facture 87 $. C’est ce que rapporte un utilisateur sur Reddit en juin 2023.
Les données sont claires : selon une étude de l’Université Harvard, les pharmacies en ligne directes offrent en moyenne 76 % d’économies sur les génériques coûteux et 75 % sur les génériques courants. En termes concrets, cela signifie 231 $ d’économies par ordonnance pour les médicaments chers, et 19 $ pour les plus communs.
Les clients de Blueberry Pharmacy, sur Trustpilot, donnent une note moyenne de 4,7 sur 5. Un utilisateur écrit : « Mon traitement pour l’hypertension coûte exactement 15 $ par mois. Pas de surprise. Pas de décalage entre ce que j’attends et ce que je paie. »
Les erreurs courantes des assureurs
Beaucoup d’assureurs pensent que placer un générique sur un niveau bas de leur formulaire (avec une participation de 0 à 10 $) suffit à réduire les coûts. Ce n’est pas toujours vrai. Selon l’Association des médicaments accessibles (AAM), 78 % des plans Medicare Part D placent encore les génériques sur des niveaux élevés, avec des participations de 25 à 60 $. Pourquoi ? Parce que les PBMs leur cachent les vrais prix. Et les assureurs ne vérifient pas les données.
La solution ? Des revues trimestrielles. L’étude de Qato recommande aux assureurs d’analyser régulièrement quels génériques consomment le plus de leur budget. Souvent, un seul produit - avec peu de concurrents - fait grimper les coûts. Remplacer ce générique par une version équivalente, mais moins chère, peut faire économiser des millions.
Le risque des pénuries
Mais il y a un piège. Lorsque les prix tombent trop bas, les fabricants arrêtent de produire. En 2020, le salbutamol (pour les asthmatiques) a disparu de 87 % des hôpitaux américains. Pourquoi ? Parce que les enchères avaient poussé le prix à 1,50 $ l’unité - moins que le coût de la production. Les entreprises ont fermé leurs lignes. Résultat : des patients sans traitement.
Ce n’est pas une erreur ponctuelle. La FDA a alerté en 2022 : dans certaines classes thérapeutiques, seulement trois fabricants produisent 80 % des génériques. Si l’un d’eux quitte le marché, la concurrence s’effondre. Les assureurs doivent donc équilibrer économie et sécurité. Pas seulement le prix le plus bas - mais aussi la fiabilité de l’approvisionnement.
Que peuvent faire les particuliers ?
Vous n’êtes pas obligé de passer par votre assurance pour acheter un générique. En 2020, 97 % des paiements en espèces pour des médicaments étaient pour des génériques. Pourquoi ? Parce que les prix cash sont souvent inférieurs à ce que votre assurance vous facture après déductible et participation.
Des applications comme GoodRx permettent de comparer les prix dans les pharmacies locales. Un utilisateur a déclaré : « J’économise 32 $ par mois sur mes trois génériques en ignorant mon assurance et en utilisant GoodRx. »
Si vous avez un plan Medicare, vérifiez si votre PBM vous facture un prix plus élevé que le prix cash. Si oui, achetez cash. C’est légal. C’est autorisé. Et c’est souvent plus intelligent.
Le futur : plus de transparence, plus d’économies
Depuis 2023, la loi sur l’inflation a imposé des changements à Medicare Part D - mais elle n’a pas corrigé les incitations des PBMs à privilégier les médicaments chers. En revanche, la CMS a publié en janvier 2024 une nouvelle directive exigeant plus de transparence dans les prix négociés.
Des plateformes comme Navitus Health Solutions affirment avoir réduit les coûts des génériques de 22 % pour leurs clients employeurs en 2023, en utilisant des contrats basés sur la valeur et non sur la marge.
Le Conseil du budget du Congrès estime que, d’ici dix ans, une meilleure gestion des adjudications et une utilisation accrue des génériques pourraient générer 127 milliards de dollars d’économies supplémentaires.
Les assureurs qui adoptent la transparence, qui vérifient leurs formularies, qui privilégient la concurrence et qui évitent les pièges des PBMs ne font pas que réduire leurs coûts. Ils rendent les médicaments accessibles à des millions de personnes. Et c’est là que réside la vraie valeur.
Pourquoi mon assurance me facture-t-elle plus cher qu’un générique acheté en cash ?
Parce que votre assureur travaille avec un gestionnaire de prestations pharmaceutiques (PBM) qui utilise un système appelé « spread pricing ». Le PBM négocie un prix avec la pharmacie, puis facture à votre assurance un prix plus élevé, gardant la différence comme bénéfice. Ce système encourage les génériques plus chers, même s’ils sont identiques à des versions moins coûteuses. Vérifiez toujours le prix cash sur GoodRx ou Cost Plus Drug Company : il est souvent bien plus bas.
Les génériques sont-ils aussi efficaces que les médicaments de marque ?
Oui, absolument. La FDA exige que les génériques contiennent exactement le même principe actif, à la même dose, dans la même forme et avec la même efficacité que le médicament de marque. La seule différence est le prix - et parfois, la couleur ou la forme des comprimés. Des millions de patients les prennent chaque jour sans aucun problème. Les études cliniques confirment leur équivalence dans plus de 95 % des cas.
Comment savoir quel générique choisir si j’ai plusieurs options ?
Commencez par vérifier le prix cash dans votre pharmacie locale ou via GoodRx. Ensuite, demandez à votre pharmacien : « Est-ce que ce générique est le même que celui-là, mais moins cher ? » Souvent, deux génériques sont identiques, mais l’un est vendu par un fabricant plus compétitif. Évitez les génériques avec peu de concurrents : ils sont plus chers et plus risqués en cas de pénurie. Privilégiez les médicaments avec 3 fabricants ou plus.
Les assureurs peuvent-ils vraiment négocier de meilleures prix pour les génériques ?
Oui, et ils le font déjà - mais pas toujours bien. Les assureurs qui utilisent des appels d’offres compétitifs, qui exigent la transparence des prix et qui révisent leurs formularies chaque trimestre peuvent réduire leurs coûts de 30 à 60 %. Ceux qui laissent les PBMs gérer tout sans contrôle finissent par payer plus. La clé est l’audit régulier : savoir quels génériques coûtent le plus, et pourquoi.
Qu’est-ce qui cause les pénuries de génériques ?
Les pénuries surviennent quand les prix tombent trop bas, au point que la production devient non rentable. C’est ce qui s’est passé avec le salbutamol en 2020. Quand un médicament a peu de fabricants - par exemple, seulement trois - et que l’un d’eux arrête de produire à cause des prix, le marché se bloque. La solution : éviter de pousser les prix au plus bas, et privilégier la diversité des fournisseurs, même si cela signifie payer un peu plus pour assurer la continuité.